Bienvenue sur ce blog dont le but est de montrer la dangerosité du métier de Policier à travers des articles de presse, de vidéos et de diaporamas.

Plus de cinq mille d'entre eux sont blessés chaque année en service. Une tendance en hausse.

Aucune des missions auxquelles ils prennent part n'est sans risque.

De même, les militaires de la Gendarmerie Nationale et les agents des Douanes et des Polices Municipales sont soumis aux mêmes dangers. Désormais, le blog s'ouvre à ces autres composantes de la sécurité intérieure.




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lundi 30 avril 2012

Vitrolles (13) : Policier aixois tué : "Une nuit, tout bascule : on perd son coéquipier et ami"

Christophe conduisait la voiture de la Bac d'Aix visée par des tirs sur l'A7 à hauteur de Vitrolles. Il se confie.
Forcément, en entrant dans la police, "on garde toujours dans un coin de sa tête qu'un drame comme ça peut arriver". Forcément. Et puis une nuit, ça arrive. Sur une portion d'autoroute A7 entre Aix et Vitrolles, "on bascule dans l'horreur. Et on perd son coéquipier et son ami". Christophe est l'autre. Celui qui s'en est sorti. Ce policier conduisait la voiture arrosée par des rafales de kalachnikov qui ont mortellement atteint Éric Lalès, décédé dix jours plus tard, à l'hôpital Nord à Marseille. "Ma place était là, avec lui, à l'hôpital", peut-être même au détriment des siens, bien que Christophe ne le dise pas. "La nuit-même de la fusillade, je savais à quoi je venais d'échapper en voyant son état". Lui, a été blessé à l'épaule et à la tête. On l'a opéré très rapidement pour retirer, sous l'aisselle et à la tempe droite, "des éclats de balles qui ont dû toucher Éric". Les médecins ont toutefois jugé plus prudent de ne pas toucher les minuscules éclats qui l'ont atteint au crâne et au visage.Depuis, ce père de famille âgé de 44 ans, policier par vocation, flic de Brigade anticriminalité par choix, pense à Éric et à tout le reste. "Tous les jours". Le dimanche, après les nuits agitées du week-end, nous venons travailler en nous disant que la nuit va être plus calme, tout en sachant qu'il faut rester vigilant et professionnel", commence Christophe. "Et puis, on t'appelle pour une équipe qui cambriole un magasin de surgelés un dimanche soir. Et là, tout bascule". On n'évoquera pas les faits, à dessein. Ni l'enquête, même si Christophe se dit simplement satisfait, "tout comme les parents d'Éric, du travail fait par la police judiciaire et la BRI notamment"."Je suis soulagé qu'on arrive au bout, que des individus aient été identifiés par la PJ. Ce n'est pas de la vengeance, je veux juste que ce genre de types sachent que tirer sur des collègues, et là je pense à tous les policiers sur la voie publique, ça ne reste pas impuni". S'il a songé à quitter la police, après "les événements" ? Non. La police, la voie publique, les interpellations, le contact avec les gens, l'adrénaline aussi, Christophe est fait pour ça. "Mais j'ai quitté la Bac". Il explique de lui-même pourquoi : "Pour le moment, je me sens dans l'expectative professionnellement : ma place est dans cette unité mais j'ai une femme et des enfants et je prends mes responsabilités. J'ai quitté ce service". Il faut aussi gérer le traumatisme. Se reconstruire. Pendant des semaines, même des mois, Christophe est resté muré dans le silence. Depuis la mort d'Éric, parce que la vie continue, "les gens ont continué à avancer. On en parle moins. La normalité reprend le dessus mais j'y pense tous les jours. Sans forcément ledire". Entre les lignes, on distingue les traits d'un homme qui s'est arrêté sur le bord de la route. Qui a pu se sentir écarté. Et qui s'est remis le pied à l'étrier en reprenant du service. Et puis, surtout, "j'en suis fier, de ce métier, je le revendique. Pour moi, même la dénomination 'Gardien de la paix' possède une signification, une symbolique. Protéger les gens et leurs biens, c'est le dernier rempart. Je n'ai jamais fait ce métier en traînant des pieds". Éric, Christophe et Jean-Jacques. Ils étaient trois, à travailler ensemble et se relayer dans cet équipage de Bac. "Professionnellement, on allait dans le même sens, chacun de nous était responsable. Le terme de cow-boy me fait bondir". "Christophe est un mec très professionnel", insistent d'autres policiers, en parlant de lui. Rien de plus, rien de moins. "Ce qui nous a préoccupés, c'est ce qui était arrivé à Éric, qu'on a accompagné durant dix jours, jusqu'à sa mort. Christophe, avec sa forte personnalité, n'a pas montré de signe de faiblesse, on l'a embarqué avec nous dans cet accompagnement", confie, avec émotion, Jean-François Jaffuel, le commissaire central d'Aix. "Christophe a pris son temps pour gérer le contrecoup, il a recommencé à travailler dans un service qu'il a choisi mais il a les capacités pour aller dans beaucoup d'autres. Ce sera à lui de donner le tempo, et on le suivra. Si nous, nous avons vécu un choc émotionnel, lui, doit gérer un traumatisme". Le commissaire termine : "Christophe, c'est un fonctionnaire sain, intelligent et professionnel". Une direction que confirme Emmanuel Molina, l'avocat de Christophe, qui l'assiste dans la procédure : "À la période d'identification et d'interpellation des auteurs présumés de ce drame, succède désormais une période extrêmement douloureuse sur le plan humain, qu'il convient d'appréhender." Christophe est resté, il fera avec. Et surtout, il devra désormais faire sans.
source : La Provence (30 avril 2012)

mercredi 13 juillet 2011

Aix-en-Provence (13) : Braquage du Pasino - le policier blessé témoigne

Sébastien a été blessé le 26 juin dans l'attaque du casino d'Aix. Décoré hier, il se confie. 15 autres policiers ont été récompensés.

Ce sont tout sauf des cow-boys. Ils sont juste animés de l'envie de faire simplement leur métier. Celui de policier. Simplement mais totalement. Et cela, pour rien au monde, ils ne voudraient en être privés.

Car c'est bien leur vie qu'ils ont failli perdre il y a quelques jours. Pour trois d'entre eux, affectés à la Brigade anticriminalité (Bac) d'Aix-en-Provence, quand ils sont appelés, le 26 juin dernier, à intervenir sur le braquage du "Pasino", le casino d'Aix, ils savent que des malfaiteurs viennent de braquer l'établissement. Ils ont été alertés par un policier en civil qui a donné l'alerte. Ils ne savent pas que les cinq auteurs présumés, lourdement armés, ne vont pas hésiter à leur tirer dessus.

Sébastien, un brigadier de 34 ans, reçoit aussitôt deux impacts de kalachnikov au bras gauche. Il s'effondre. Hier, dans la cour de l'hôtel de police de Marseille, il a accepté de nous raconter ce moment. Ce jour-là, il était en mission avec Patrice, 42 ans, l'homme qui a riposté pour protéger ses collègues, brigadier lui aussi, et Fabien, 37 ans, le chauffeur. Les trois hommes ont reçu hier, des mains du préfet de région Hugues Parant, la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement.

"Quand on est arrivés sur place, on s'est fait tirer dessus,se souvient Sébastien. J'ai entendu les balles qui sifflaient au-dessus de nos têtes comme dans un feu d'artifice. On n'a pas vraiment eu le temps de réagir."

Encore deux éclats dans le bras

Tandis que les malfaiteurs parviennent à prendre la fuite, Sébastien, lui, est conduit aux urgences de l'hôpital par ses collègues. "Le matin même, je suis passé au bloc opératoire. Ils m'ont retiré un éclat, j'en ai encore deux dans le bras qui devraient, paraît-il, se résorber."

Le policier, qui compte bientôt treize ans d'exercice, dont deux ans à Aix, se refuse à parler de la peur au quotidien. Il lui préfère le mot de "stress". "Il y a le stress qui paralyse et le stress qui vous donne des ailes. Nous, ça nous donne plutôt des ailes. On n'a pas le temps d'avoir peur." Et le fonctionnaire, sans forfanterie, de glisser : "On a fait notre travail". Il n'en attend aucune gloriole. La police de terrain est oeuvre d'humilité quotidienne. Mais il ne nie pas que la médaille, "c'est important". "J'ai encore plus envie de servir qu'avant," insiste-t-il. Comme pour dire aux autres, ceux qui parfois douteraient, que "le métier", avec ses exigences et ses rudesses, reste fait de noblesse de l'âme.

Sébastien a bénéficié d'un arrêt de travail d'un mois. "On m'a enlevé les fils de ma blessure hier. Il va falloir que je me remuscle un peu", glisse-t-il à ceux de ses collègues qui viennent le réconforter. À 10 cm près, c'était le coeur qui était touché. Et pour une fois, le hasard policier a bien fait les choses. Il a été du côté de la vie et de ceux qui se battent au service de l'intérêt général.

Patrice, son collègue qui a riposté aux tirs des malfaiteurs, y voit un coup du destin. "On n'a pas trop choisi le moment. Ce sont les circonstances qui ont choisi pour nous. Depuis, on n'a pas spécialement la boule au ventre. On fera juste attention dorénavant de rentrer sans blessé.…" L'humour conjugué au présent de l'indicatif policier. La meilleure arme contre l'adversité.

source : La Provence (13 juillet 2012)